Marche de soutien au peuple afghan

Pourquoi une marche de soutien ?

L’histoire de cette femme qui voulait marcher 150km en 1 jour

Pourquoi marcher ? Pourquoi le genre humain, lorsqu’il a une revendication, sort dans la rue et va « manifester » ?

Manifester c’est montrer, exprimer, rendre visible, prendre en main : un sentiment, une opinion, un désir, son désaccord, mais aussi son soutien. Bref, manifester c’est exister.

Quand le sentiment d’impuissance est trop fort, l’être a besoin de faire quelque chose, de sortir de l’immobilisme. Faire un pas, c’est déjà changer sa réalité : le décor n’est plus le même, on a en face de soi une nouvelle perspective.

Comment a pris forme cette journée de marche solidaire ? C’était d’abord le souhait d’une femme, une afghane qui a grandi à Genève et qui y construit sa vie. Impuissante face aux événements de l’été 2021 qui a vu les talibans reprendre les commandes de l’Afghanistan, elle ne supportait pas de rester sans rien faire. Il lui fallait bouger, se mettre en mouvement. Elle a alors songé à interpeller la communauté internationale et sa terre d’accueil en marchant de la Place des Nations à Genève au Palais fédéral à Berne.

Google avait dit 1 jour : 150km, 30h, sans pause, par des routes. Vesna lui a parlé d’une réalité un peu différente : 170km par des chemins piétons, une petite semaine pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude de marcher. Il faut tenir la durée.

Puis son envie a évolué : elle ne le fait pas juste pour elle, d’autres aussi veulent marcher, montrer leur soutien, leur désaccord, leur force, leur rage. En discutant avec les membres de son ancienne association étudiante afghane qui a repris vie avec ces événements – Zeba Watan -, l’idée est venue de partager cet itinéraire : chacun-e ferait un bout, chacun-e ferait sa part, comme une chaîne humaine en mouvement, reliant ces deux points symboliques dans l’espace géographique.

Le court délai, le peu de budget et le refus des autorités de se réunir devant le Palais fédéral ont fait évoluer encore un peu le projet : on allait marcher ces 170km, peu importe où. Chacun-e fait ce qu’il/elle peut/veut et ensuite on additionne. On se retrouve en fin de journée à la Place des Nations, ce qui a été accordé pour l’événement.

Au final, ce sont plus de 600km parcourus par des dizaines de personnes de diverses nationalités, des anecdotes et témoignages incroyables sur le dépassement de soi, la résilience, la volonté plus forte que les excuses. Un message est passé, un sentiment d’appartenance est né, Zeba Watan a été ravivée et de beaux projets d’aide humanitaire ont vu le jour.

La marche, c’était l’impulsion, le 1er pas, la reconnexion à ses forces intérieures et le lien à l’humanité.

Je suis fière de toutes ces personnes qui se sont mobilisées et reconnaissante de la confiance qu’elle m’ont accordée. Merci.